Historique du Club

A l'origine

Historique du Club

A la fin des années 80, et jusqu’au milieu des années 90, la base professionnelle ULM de Caille, village dont les antécédents dans l’aviation remontent à bien loin, a connu une forte activité sous l’impulsion de Michel Dejean. Puis un jour la base a fermé. Les pilotes sont partis, les uns vers Fréjus, d’autres à La Roquebrussane, certains arrêtant même de voler. Mais un petit groupe d’irréductibles, passionnés de vol et de ce magnifique arrière pays grassois, s’est efforcé de rechercher un terrain de substitution dans les environs.
Le voisinage n’est pas toujours facile avec les autochtones, notamment les chasseurs, inquiets des nuisances sonores pouvant faire fuir le gibier, les préjugés sont tenaces. Un premier projet vers Séranon a échoué pour cette raison. On dit que les épreuves surmontées renforcent les individus. C’est probablement vrai. Les pilotes, notamment en montagne, sont en permanence confrontés aux difficultés, et savent qu’il faut beaucoup de persévérance et d’humilité pour accepter de se mettre en l’air.
C’est après cet échec que notre poignée de pilotes est allée frapper à la porte de la famille Aubert. A cette époque, fin 1995, le patriarche Joseph veillait avec son fils Jean-Louis sur plus de 300 hectares de terre rocailleuse et aride, dure aux bêtes et aux hommes, en y élevant un troupeau d’ovins, vivant sur place dans une bâtisse qui fût jadis un relais de poste, au lieu-dit La Pinée. Joseph Aubert accepte de louer quelques petits hectares à ces fous volants, merveilleux de… courage !

D'hier à aujourd'hui

construction du hangar de l'aero-club

Effectivement, il en faudra du courage à ces fous pour transformer un bout de l’extrémité nord ouest du massif de Calern, à cheval entre les communes d’Andon et de Cipières, en piste d’ULM ! Rien n’est de niveau, le rocher brut affleure partout, et il faut commencer par débroussailler. Certains apportent leur argent, d’autres leurs bras et leurs outils, tous payent cher. Mais fin 95 le premier appareil atterrit à Cipières. C’est le Skyranger de Jean qui pose nord-sud en 150 m. alors que la vraie piste sera inaugurée plus tard, plus à l’est, et dans l’axe est-ouest. Mais pour cela il faudra beaucoup de travail, et même louer un énorme bulldozer, un artificier, pour aplanir un peu le terrain. Agréée par les Autorités, DGAC notamment, la piste est inaugurée en 1996 sous un brouillard à couper au couteau ! Le club-house prend appui sur les ruines d’un ancien abri de berger, et le hangar pour les appareils est construit solidement, mais avec les moyens du bord : armature métallique de récupération, 2 troncs de pin, des palettes pour les parois, fermé par des sommiers métalliques reliés entre eux, seul le toit est en bardage neuf (mais soldé). Au fil des années des améliorations sont apportées. La piste est même classée « altisurface » par la DGAC, c’est-à-dire utilisable par les pilotes d’avions qualifiés « montagne » qui viennent s’entraîner de Cannes et d’ailleurs. Des anciens partent, des nouveaux arrivent, l’esprit initial perdure : rien n’est jamais acquit, tout se mérite, par l’effort, le travail commun et personnel, l’entraide, l’abnégation de certains. 
Voler n’est pas normal pour l’être humain, encore moins dans un environnement hostile : relief, aérologie, climat. L’argent ne coule pas à flot pour la plupart, et il leur faut parfois se construire leur propre appareil. Mais rien n’arrête la passion ! Ces moments d’épreuves, de doutes aussi, soudent une amitié qu’ils n’étaient pas venus chercher au départ. Les visiteurs, pilotes ou simples curieux, sont séduits par cette ambiance de terroir. On partage tout, le pain, la joie, la peine. Ce sont quelques uns de ces visiteurs qui, après un baptême, conquis, règlent une cotisation et deviennent de nouveaux membres de ce Club exigeant: Alpes d’Azur ULM.

La passion de voler

La passion de voler

Ainsi va la vie au Club.
La passion de voler, l’amour de ce haut-pays magnifique, l’amitié qui unit les pilotes, tout cela fait que nous retrouvons tous un sens  à ce qui constitue le fragile lien humain. Il faut avoir vécu ces soirées magiques, entre nous, Michel à la guitare, ces soirées de fête une fois l’an, au Club, avec les pilotes de Fréjus, Fayence, Grenoble, ou d’ailleurs, ces soirées des fêtes patronales, à Canaux notamment. Notre regrétté ami Guy Trier nous l’avait bien confirmé, si besoin était, nous vivons un rêve !
La porte des étoiles est ouverte